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INFORMATIONS

Chant : Joe Duplantier
Guitares : Christian Andreu | Joe Duplantier
Basse : Jean-Michel Labadie
Batterie : Mario Duplantier

Style musical : Spiritual Galatic Metal
Origine : Landes, France
Formation : 1996
Site officiel : gojira-music.com


INTERVIEW GOJIRA

Interviewer : .13.
Interviewé : Christian
Date : 25/02/2006
Lieu : Quimper
Photos : site officiel et .13.

Pogoslam : Salut Christian ! Tout d’abord, est-ce que tu pourrais présenter le groupe, les débuts, ainsi que ton parcours musical ?
Christian : Salut à tous! Le groupe s’est formé en 1996, Joe avait un groupe avec des potes, Mario avait aussi un groupe de son côté, étant frères ils se sont mis à jouer ensemble. Ils me voyaient souvent traîner aux concerts et je les avais vu jouer quelques fois ...

Tu avais une formation à ce moment là ?
Non non, je jouais seulement avec des potes, et un jour ils m'ont choppé pour me proposer de les rejoindre, comme ils savaient que j'étais guitariste. Puis on a commencé à répéter, on reprenait du Metallica, Sepultura et ça a bien collé.

Vous avez commencé à composer à partir de cette année ?
Ouais, ils avaient déjà quelques compos de côté pour la première démo, Victims, je sais pas si tu connais, ils m'ont passé les compos et tout est parti de là.

Vous vous appeliez déjà Godzilla ?
Ouais ouais, c'était déjà en place, c'était l'idée de Joe.

Mais vous avez eu quelques emmerdes avec des droits d'auteur c'est ça ?
Ouais voila, en fait le film est sortit et là on a reçu une lettre d'un avocat qui voulait qu'on arrête tout ... mais de toute façon ça collait avec le fait qu'on voulait changer de nom, mais en restant dans la même idée, et donc on a opté pour Gojira, la prononciation japonaise.

Vous étiez dans un trip assez glauque à ce moment là non ?
Nettement plus qu’aujourd’hui en tout cas ouais, "Victims", "Possessed", "Saturate", sur nos première démos, les textes étaient assez sombres, on n’a jamais donné dans le gore, mais on était jeunes et forcément quand t’es jeune tu te pose plein de questions et tu te prends pas mal la tête, mais avec le temps on a compris qu’il n’y avait pas que ça à exploiter, même si on faisait du metal, on voulait parler de choses positives aussi, c’est comme ça qu’est venu Terra Incognita.

Je te remercie. Donc cette année voit le 10° anniversaire du groupe !
Ouais c'est super ! (grand sourire)


Si tu pouvais établir un comparatif entre les ambitions premières au moment de Godzilla, et ce qu'est devenu le groupe aujourd'hui avec notamment votre apparition dans le top 50 ?
Ouais ça c'est vraiment hallucinant! (sourire) A vrai dire on ne prend pas vraiment conscience de la chose tu vois, le top 50 on s'est dit "wah c'est ce qu'on regardait quand on était petit".

Ouais, et là tu vois ton nom...
Ouais tu vois ton nom, c'est génial mais en même temps ça n'a pas changé nos vies, on continue notre route comme avant... Dès le début avec Godzilla, on voulait aller loin et on voulait se donner les moyens d'y arriver.


Ouais, surtout avec la pétition qui circule en ce moment ...
Ah ouais ...? (hésitant) Euh c'est par rapport à quoi ?

C'est sur le site officiel, Richard avait posté un lien vers le site du Download Festival pour voter pour la venue de Gojira à Donnigton...
(Tout excité) Ah oui yes exact ! T'as voté alors ?

Ah bah obligé !
Super ! (grand sourire) Ca serait vraiment génial ! Faudrait que j’aille voter d’ailleurs ! (rires)… ouais donc nous depuis le début on a l’ambition de faire des concerts, de se faire connaître un maximum, et on continue dans cette lancée…


A ce propos, tu préfères la scène ou la composition ?
Moi c’est plus la scène, le domaine de la compo c’est plus Joe et Mario, ce sont vraiment eux qui donnent les grandes bases de chaque morceau la plupart du temps, après bien sûr moi et Jean-Michel on amène aussi notre patte, on compose souvent tous les quatre, tout fonctionne très bien jusqu’à présent. Mais c’est tout de même Joe le principal compositeur du groupe.

Okey, Mario aussi compose un peu au synthé non ?
Ouais ! Il compose pas mal de trucs de son côté aussi, mais c’est plus ambiant en général.


C’est Mario qui a composé l’intro de "Global Warming" ?
Euh attends…(il réfléchie) non ! Ca c’est Joe qui l’avait trouvé à la guitare, il a mis un petit peu de Delay et il a joué quelques trucs, puis il a composé la partie tapping, les paroles et le chant, c’est vraiment son morceau.

C’est bien Joe qui chante pendant tout le morceau ? Il m’a semblé entendre une voix de femme vers la fin du morceau…
Oui exact, c’est la copine de Joe qui est venu chanter avec lui sur ce morceau.

Okey merci, tu te souviens de l’intégration de Jean Michel ?
Ouais ça remonte ! (rires) En fait au départ c’était Alexandre, mon meilleur pote que j’ai fait venir dans le groupe, mais au final ça n’a pas collé, Jean Michel lui aussi était bassiste dans le coin, on savait qu’il jouait dans un groupe, et je crois que c’est Laos (Ndlr : Laurentx, leur ingé son) qui l’avait repéré…

Il jouait dans Ohiyuka c’est ça ?
Ouais tout à fait, et donc on s’est rencontré, on a joué un peu ensemble et ça a tout de suite collé.

Comment c’est déroulé l’enregistrement de l’album ? Cela fut-il très différent que pour les autres albums ?
Alors la grosse différence pour From Mars To Sirius, c’est qu’on a eu beaucoup plus de temps, en fait sur Terra et sur The Link on était toujours un peu speedés, toujours à l’arrache…

Pourtant c’était dans votre propre studio non ?
Bah non en fait Terra a été enregistré en Belgique, et là c’était assez tendu en fait, vu que le temps d’enregistrement était très court.Ensuite pour The Link, on a monté notre propre studio, là encore c’était très speed, il y avait des morceaux à peine finis qu’on n’avait pas le temps d’arranger…tandis que pour From Mars c’était bien plus cool, on a pris sept mois pour le faire, on était bien plus posés, et on est très contents du résultat final.

Tu te souviens du premier morceau que vous avez composé ?!
Le premier morceau ? (hésitant) pffffffff je sais même plus à vrai dire, je faisais tout le temps des allers retour entre Tours et le studio, et je n’étais pas impliqué plus que ça dans la composition sur From Mars…en fait la composition se fait de façon assez naturelle, je ne sais pas vraiment d’où ni comment découle un morceau pendant les répéts, par exemple là pour le quatrième album on a déjà des riffs, des idées, on a peut être un morceau qui va se finir bientôt, pour finalement être retravaillé plus tard…

Tu aimes composer de ton côté aussi ?
Ouais ouais, je compose quelques trucs aussi de mon côté, j’aime beaucoup la compo.

Quelles sont tes influences du moment ?
Là en ce moment j’écoute beaucoup de musique classique, de temps en temps je me repasse un peu de Morbid Angel ou Death, j’aime bien La Tordue aussi, Tool, Keizah Jones, J’adore Brel et Brassens, mais en ce moment c’est vraiment la musique classique.

Tu aimerais intégrer des éléments classiques à Gojira ? Du piano, du violon…
De la contrebasse ouais j’aimerais bien, il y a pleins de possibilités envisageables, mais bon là on reste très concentrés sur la tournée, et on reste comme ça pour le moment.

Ca te dirait te fonder un projet parallèle comme l’ont fait Joe et Mario pour Empalot ?
Non, pas pour l’instant en tout cas, là je me focalise vraiment sur Gojira, peut être quand on aura un peu plus de temps et que l’opportunité se présentera, pourquoi pas mais pour l’instant je suis bien comme ça.

Tu ne joues que de la guitare ?
Oui.

Tu as commencé quand ?
Je ne me souviens plus trop…j’avais déjà 2 ou 3 ans de gratte quand j’ai rejoint Godzilla, je jouais surtout tout seul, je jouais surtout Slayer, Metallica, Sepultura

C’est peu de temps après que vous avez fait une tournée avec Immortal ? Avec la tournée "au cœur de l’hiver français" ?
Ouais on a fait 9 dates avec eux.


Vous avez joué avec Machine Head et Cannibal Corpse aussi…
Ouais aussi, il y a eu Edge Of Sanity à Tarbes, qui était une date assez importante. C’était super ! C’est surtout grâce à cette tournée là qu’on s’est fait connaître en France.

Personnellement, j’ai pu trouver dans… (un téléphone sonne) c’est à qui ça?
Ah je ne sais pas !

Bon on va le laisser sonner… (La sonnerie s’arrête) Okey, donc je disais j’ai pu (le téléphone sonne de nouveau…)
(il se marre)

Putain ! Bon on l’éteint …
Ah ouais y’en a marre là !(rires)


 

Personnellement j’ai pu retrouver des similitudes entre certaines de vos paroles et des textes propres à la culture indienne ( cf "Words of Chief Seattle" et "Remembrance")
Ca ne m’étonne pas vraiment, mais il faudrait mieux en parler à Joe encore une fois, car c’est lui l’auteur des textes.

Et toi, où se situent tes influences culturelles ou littéraires, des influences que tu aimerais exploiter dans Gojira…j’ai remarqué le petit patch Tibet sur ton sac…
Ouais c’est vrai que le Tibet ça me parle beaucoup, le bouddhisme et (ce putain de téléphone mal éteint resonne) et euh… (rires)

Bon stop … (je pense l’avoir éteint)
Donc (rires), pour les influences…et bien la Terre elle-même en fait…

Es tu impliqué dans l’écologie ? Les verts tout ça ou bien ça reste plus personnel ?
Plus personnel en effet, dans le sens où je me sens lié à cette Terre…

Tu as toujours vécu proche de la nature ?
Oh non, j’ai vécu en HLM, en ville, dans la cambrousse bien retirée…j’ai fait un peu de tout…sinon je ne sais pas vraiment quoi te dire pour ce qui est culturel…(il réfléchit) la planète Terre, le cosmos, les liens entre les gens...l’éveil personnel aussi….

Terra Incognito trait plus de ça justement non ? Avec l’homme nu de la jaquette recourbé sur lui-même…
Voila ouais, ça c’est plus l’introspection, se retrouver avec nous même…

-"Terre Inconnue", c’est donc en rapport avec l’introspection ?
Là une fois de plus c’est Joe qui a écrit les textes, donc ça serait plus à lui d’en parler.


Vous donnez vos avis tout de même sur les textes ?
Oui, oui, on discute beaucoup, il sait ce qu’on pense, là où on est d’accord, là où on est moins d’accord… donc oui, Terra Incognita traite de l’introspection, la recherche de ce qu’il y a au fond de nous même…En fait Joe est parti du fait que jadis, sur les cartes maritimes, c’était le terme "Terra Incognita" qui était utilisé pour désignée les contrées inexplorées, et il s’est inspiré de ça, pour savoir ce qu’il y avait en nous, et plus particulièrement ce que l’on ne connaissais pas.

Comment se déroule la tournée jusqu’à présent ?
C’est super, vraiment super…ça devient vraiment hallucinant le bond que Gojira est en train de passer, on voit que les salles sont quasiment pleines, il y a un engouement croissant à l’étranger…c’est vraiment super !

Comment tu te sens par rapport à tout ça ?
Et bien, c’était notre but dès le départ, et si on arrive aujourd’hui à toucher les gens avec notre message, qui est de s’interroger sur nous même, qui on est réellement, qu’est-ce que la Terre, les influences que l’on a par rapport aux autres, aux animaux, à la nature…et bien écoute c’est génial ! Mais après personnellement j’essaye de prendre du recul, il y a Gojira, les concerts, toute cette énergie là, et moi en tant qu’être humain, qui vit ma vie comme tout le monde.

Toi en tout cas, tu te sentirais plus touché si tu savais que quelqu’un se défoulait durant un concert et se lâcherait complètement grâce à ta musique, ou bien si il adopte une démarche plus réfléchie, avec une analyse soignée de la composition, des textes…
Oh moi les deux me font super plaisir ! Si un mec se défoule…

Pendant "Love" par exemple ?
Ouais voila (rires) si il s’éclate et saute dans tous les sens ou si un autre plus posé prend le temps de tout analyser qu’il prend vraiment du plaisir et qu’il sait que "Love" parle d’un sujet vraiment important et personnel…


"Love" parle d’amour ?
Oui, en fait ça traite de l’amour enfoui qu’une personne découvre en elle-même, l’histoire de "Love", c’est en fait un mec très torturé, tourmenté, qui finit par péter un câble, qui court dans la nature, jusqu’à ce qu’il se rende compte de tout l’amour qu’il a en lui, il parle à la lune, se rend compte de l’amour qu’il porte à la lune, et il est apaisé comme tu peux le voir à la fin du clip, et sur la jaquette, il est en introspection il médite.

La petite source dans le clip qu’on voit se remplir d’eau, c’est vous-même qui l’avez construite ?
Ah non ! (rires) C’est la source d’eau qui sert à alimenter la baraque où on enregistre.


Tu es impliqué aussi dans la réalisation des clips, quelles sont tes implications dans Gojira en dehors de la musique ?
C’est Joe qui fait le synopsis des clips, Et c’est Alain Duplantier qui s’occupe de la réalisation.

C’est le père de Joe et Mario ?
Non, c’est euh…le cousin de leur père je crois…enfin un mec de la famille quoi ! (rires)

Et c’est Gabrielle, leur soeur qui est la photographe officielle du groupe ?
Tout à fait, en fait c’est très familial comme histoire ! (rires)

D’accord, tu touches un peu au dessin de ton côté ?
Ah non du tout.

Tu écris quelques textes pour Gojira ?
Non plus ! J’écris de mon côté mais pas de textes pour Gojira.

Tu voudrais le faire ?
Non, je ne pense pas, plus pour un projet parallèle pour en revenir à une de tes questions.

Tu fais confiance à Joe pour le reste.
Ouais carrément, chacun à son rôle bien définit, pour ma part je m’occupe du label Gabrielle éditions. Joe gère le visuel, et moi je gère tout ce qui est organisation.


Et pour la date de ce soir ? C’était les polarités de Quimper qui vous avaient contacté ?
Ca c’est Emma qui s’en charge pour les dates.

En plus vous devez commencer à bien vous connaître depuis tout ce temps…
Ouais c’est vrai ! C’est vraiment super comme expérience humaine, c’est aussi ça qui nous booste et nous motive, c’est vraiment une super expérience.

Il y a des moments de complicités particuliers aussi sur scène ? Sur certains morceaux ?
Ouais carrément, parfois on s’échange un regard et ça te change tout le concert, avec Joe, Mario ou Jean-Michel, on est tous vraiment soudés et ça fonctionne vraiment bien y compris sur scène.


Les morceaux sont tout de même assez techniques, tu peux te permettre de partir en vrille à certains moments malgré tout ?
Ah bah ouais carrément ! Toujours concentré sur la gratte mais il m’arrive de rentrer parfois dans une espèce de transe franchement impressionnante.

Il y a un passage assez impressionnant dans le Dvd justement, durant "Blow Me Away You", c’est vraiment hypnotique.
Ouais c’est vrai, en fait il n’y a pas de durée déterminée, on rentre tous dans cette sorte d’état second, et c’est Mario avec un break qui donne le signal que la fin approche. Mais maintenant ça se fait plus au felling, on sent quand c’est trop et on sait quand il faut s’arrêter pour que le public reste accroché. Mais maintenant on ne joue plus ce morceau, c’est "To Sirius" qui reprend un peu le relais pour la partie hypnotique, avec cette boucle qui semble se répéter à l’infini.

Tu t’impliques aussi dans la production des albums ?
Oui, nous sommes tous les quatre producteurs de nos albums, mais comme je m’occupe aussi du label avec Joe, ça nous concerne plus.


Vous êtes aujourd’hui estimés et respectés au sein de la scène metal, principalement grâce à votre intégrité, et vous avez tous choisit de vivre de votre musique…il est évident que ça ne doit pas être toujours facile, tu penses pouvoir continuer en suivant cette démarche, pour arriver un jour à un train de vie confortable, sans avoir à céder à certaines contraintes du "commerce musical" ?
Ouais…bah à vrai dire la question se pose plus que jamais, surtout vu comment le groupe évolue, on pense à de grosses tournées à l’étranger, on revient des Pays-Bas, on a fait deux dates en Espagne, on a des dates programmées en Angleterre avec Kerrang, on a des dates programmées en République Tchèque… mais je pense qu’à notre stade, l’intégrité on ne la perdra jamais, en tout cas j’espère, on est avant tous des potes, je ne pense pas qu’on chopera le globe un jour, et puis ça deviendrait contraire à notre message. Pour l’instant, il y a un énorme décalage avec le fait qu’on fasse des grosses tournées, des couvertures de mags ou des dates importantes, et le fait qu’on soit tous en galère de thunes…on est très loin de vivre confortablement. Joe a une bagnole qui déconne, Jean-Michel et moi on est à zéro, pour Mario c’est très limite en ce moment… donc voila la différence elle se fera quand on vendra des disques à l’étranger.

Bah pourtant avec l’entrée dans le top 50 j’aurais cru…ça ne vous a pas apporté de confort ?
Non, là par exemple pour From Mars To Sirius on en est à 12 000 à peu près, et sachant qu’on touche 1 ou 2 francs par album, tu vois ça suffit pas… (ce putain de téléphone resonne de nouveau…)

(je me pète de rire)
Attend je vais l’éteindre je vais me permettre là merde… (Mal éteint une fois de plus) ouais donc pour ce qui est de la thune, ça nous permet tout de même d’investir pour le groupe.

Tu es content de ton matos ?
Ouais carrément ! Surtout que maintenant on est endorsés par Jackson, on a plein de sponsors qui (devinez qui résonne) PUTAIN !!! Bon tu sais comment l’éteindre ?

Ouais attend je vais essayer…voila c’est bon (véridique, il est bien éteint cette fois)
Donc ouais on a pleins de sponsors, Volcom qui nous arrose de fringues, on a Eastpack aussi, c’est vrai que ça aide pas mal.


Nombre de groupes français citent aujourd’hui Gojira dans leurs influences, je ne sais pas si tu connais Outcast, un groupe parisien…
Outcast, on a joué avec eux il me semble !

Ca je ne saurais pas te dire, mais tu connais Cephalic Carnage ?
Ouais ouais, je connais.

Et bien Outcast qui était en première partie à Paris a repris "Remembrance"
C’est pas vrai ? (grand sourire) C’est génial ! (il semble très ému) C’est vraiment super !
Sinon, pour ce qui est de la scène française, comme je te l’ai dit je n’écoute plus vraiment de metal, mais en un an on a du faire plus de 100 concerts, et on a du croiser peut être 200 groupes de metal français, donc on n’en écoute plus mais en même temps je baigne dedans, j’écoute toutes les démos que les groupes nous filent, je les prend, je les écoute chez moi ou alors dans le camion, donc des groupes français on en croise à la pelle on en connaît plein…


Kruger qui joue aussi ce soir, vous les connaissez déjà ?
Ouais on les connais depuis pas mal de temps d’ailleurs, Psykup on les connait bien parce qu’ils sont venu enregistrer au studio aussi, en gros j’écoute rarement du metal chez moi mais sur la route on baigne dedans. Et j’ai de plus en plus l’impression que le niveau en France a vraiment fait un bon depuis quelques années, depuis 4 ou 5 ans, le nombre de bons groupes, c’est devenu hallucinant ! C’est la preuve que si tu te fixes des objectifs, que tu places la barre très haut, et que tu te donnes les moyens d’y arriver, tu peux réaliser pleins de belles choses. Depuis le début, j’ai des objectifs qui sont encore très loin de ce qu’est Gojira à l’heure actuelle, ça peut encore aller très très loin !


Les nouveaux Metallica ?
(hésitant) Ouais ! (rires) Enfin bon là je ne suis plus crédible si je disais de ne pas choper le globe (rires). Tu vois, déjà, si on arrive à être un groupe connu dans le monde entier, et ça peut se réaliser, et puis pouvoir être à l’aise financièrement...

(je le coupe) vous avez des boulots à côté ?
Non, aucun de nous ne bosse à côté. Et donc tu vois, pouvoir voyager partout dans le monde, faire de grandes salles… cela dit j’adore aussi jouer dans des petits clubs ! Pépère devant 200 personnes.

Ouais à ce propos vous avez été en Hollande avec Textures !
Ouais c’était d’enfer ! On a joué dans des petits bars devant 80 personnes, moi perso je me suis éclaté ! Bon c’est vrai qu’il y a eu une date une peu pérave, mais les deux autres étaient géniales ! Perso, j’ai adoré, c’est très différent, ça change, mais j’adore aussi faire de gros concert…

Comme celui du Zénith en première partie de Slipknot !
Ouais, ça c’était notre plus gros concert, devant 10 000 personnes, c’était fabuleux ! Après il y avait des groupes de tout style, il y avait –M-, Bénabar, pas que des gros métalleux, c’était un peu particulier, mais bon au final ça reste un super souvenir. Donc jusque là, on laisse faire les chose, on essaye de ne pas trop se prendre la tête, on fonce quoi !

Une question un peu plus personnelle maintenant si tu veux bien, quelles sont tes occupations, tes passions, qu’est-ce que tu aimes faire en dehors de Gojira ?
Ce que j’aime faire…alors là en ce moment j’adore jouer au flipper ! (rires) C’est ma grande passion du moment ! Nan, sinon j’aime beaucoup l’agriculture, m’occuper de mon potager, j’adore ça, les arbres les plantes, faire pousser des plantes, m’en occuper… sinon qu’est ce que j’aime faire… j’adore jouer au foot, au tennis…

Tu supportes Bordeaux obligé !
(rires) Bah nan perso côté foot j’aime bien Auxerre !

Roh merde tu casses le mythe !
(rires) Euh sinon j’adore rien faire aussi ! Me poser, réfléchir, me calmer…

Pourrais nous donner ton interprétation du dessin sur la jaquette de l’album, où l’on voit une baleine voler devant Mars et Sirius ?
En fait, cet album est construit comme une sorte de voyage, Mars symbolise ici la guerre, la violence, et Sirius, qui est l’équivalent de Vénus dans un autre système solaire, symbolise la féminité et la douceur, et donc ici est symbolisé un voyage intérieur, vers la paix et l’harmonie.

Il y a une suite logique entre chaque morceau ?
Oui, chaque morceau se suit, les paroles forment un tout, jusqu’à "Global Warming", le denier chapitre de l’histoire.


Depuis le début de la tournée, vous agrémentez vos concerts de diffusions de films et d’images, vous avez d’autres projets en vue ? D’autres idées à exploiter ?
On a quelques idées ouais, mais ça ne sera pas exploitable avant la prochaine tournée… des idées avec des miroirs, des reflets mais rien de bien concret encore.

As-tu déjà une idée pour le thème abordé sur le prochain album ? Cela restera-t-il dans la continuité des albums précédents ?
Aucune idée, pour ma part en tout cas, peut être que Joe a des idées, sûrement même, il faudrait qu’on prenne le temps d’en parler. Mais là avec la tournée on n’avait pas trop la tête à ça.


Comment avez-vous rencontré Richard Gamba, votre manager ?
Je ne me souviens plus trop, il me semble que c’est un ami commun qui nous a mis en relation, et puis on est monté sur Paris pour le voir, et ça a collé.

Comment tu te vois dans dix ans ?
Plus vieux ! (rires)

Et pour Gojira ?
J’évite de me projeter, ce qui doit arriver arrive, d’ici on reste concentré sur le présent.


Je te laisse le mot de la fin.
Portez vous bien, soyez vous-même, explorez l’amour qu’il y a en vous…et dépassez vous ! C’est ce que j’essaye de me dire, et c’est ce que je souhaite à tout le monde !

Peace and love ! (rires)
Ouais ouais il y a de ça aussi (sourire)

Je te remercie, la vache, on est resté 40 minutes quand même !
Ah ouais tant que ça ? C’est passé vite !

Merci beaucoup Christian, on se revoit au concert !

Un grand merci à Phil pour le dépannage, merci à Marrien et à Flo et au Baba au rock et un grand merci à Christian pour sa gentillesse et pour sa disponibilité.

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